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anaka ©

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Mercredi 19 mars 2008
Quand ma main repousse...
Elle étend ses rémiges
elle bourgeonne et frémit

Elle sent l'herbe et le printemps
Elle caresse les promesses
d'un jardin de couleur

Elle repousse, vaillante et nue
Elle repousse, aussi,
ce qui n'est plus.

undefinedA6 - repousse, ma main -  15 mars  2008 -  anaka ©


Synchronicités.

La semaine dernière, une journée entière à coller des mains sur des "troncs" pour en faire des arbres à mains...
Ce rêve est survenu après, si je me souviens, quatre jours plus tard.

Et puis ce reportage saisi au vol il y a quelques jours, de ce mannequin brésilien, victime d'une méningite dans son enfance qui l'a obligée à être amputée de ses deux bras et de ses deux jambes... Une femme radieuse, au sourire ravageur, qui a transmuté son "dissolutio" en réalisation de son rêve initial...

Enfin, une page ouverte au hasard dans ce petit livre de Mikhaël Aïvanhov, Création Artistique et Pensée Spirituelle... Je lis :

"Vous devez éduquez vos mains, apprendre que chaque doigt capte et transmet des courants, des onds de nature différente. ce sont des antennes..."

A suivre dans le texte... Aïvanhof me fait penser très souvent à Krishnamurti, mais en penseur occidental...
La profondeur, la clarté et le rayonnement sont semblables, il me semble...

Ces recherches, ces rencontres, sont une manière d'apprivoiser la frayeur que m'a inspirée ce rêve, ce sentiment atroce de perte irrémédiable. La peur d'être amputée de ma créativité en même temps que la séparation de "l'Alliance".


Animus et Créativité

Et je me souviens aussi que dans ce rêve, je suis accompagnée par un homme, très tendre, très présent, qui ressemble à mon compagnon, mais dont l'attitude est totalement inverse, c'est-à-dire très proche, très en empathie, et serein. Il me dit "ne t'en fais pas, même avec une prothèse tu trouveras d'autres moyens d'exprimer ton art, peut-être que cette perte t'ouvrira à d'autres univers que tu n'aurais pas pu imaginer sans passer par ce sacrifice..."

Hier lors de mon travail en atelier, il a été évoqué le rapport symbolique entre les figures masculines du rêve et notre créativité.
Ainsi l'homme représente l'animus de la femme, sa capacité à agir à mettre en forme sa créativité.
Il me semble possible de traduire que si je suis séparée de ma relation, je ne suis pas coupée de ma partie animus, puisqu'elle m'accompagne, même à l'hôpital, et me réconforte...


Rien n'est jamais perdu...

undefinedA6 -  ma main arbre -  15 mars  2008 -  anaka ©

Et puis, pour clore cette réflexion sur ce rêve qui m'a habité tous ces jours derniers, et qui ne cessera de roder alentours avec les illustrations qui en découlent encore, un dernier extrait de ce livre-présent :

"...Voici donc que survient dans la fôret profonde le nouveau miracle : Ses mains se mettent à repousser. Ce sont d'abord des mains de bébé. C'est par l'imitation, comme le fait un bébé, qu'elle commence à comprendre tout ce qui s'est passé. Lorsque ses mains grandissent et deviennent celles d'un enfant, elle développe une compréhension concrète, mais pas absolue, des choses. Et enfin quand elles deviennent des mains de femme, elle a une prise expérimentée et plus profonde sur le chemin non concret, métaphorique, sacré qu'elle a parcouru.
... Quand nous mettons en pratique les profondes connaissances instinctives que nous acquérons au cours d'une vie, nos mains nous reviennent, les mains de la féminité.
... Souvent nous devons réformer nos idées selon lesquelles ce qui a été privé de pouvoir (nos mains) le sera à tout jamais..."

Clarissa Pinkolà Estes, Femmes qui Courent avec les Loups, Histoire de la Selva Subterranéa.

par anaka publié dans : rêves. communauté : Au fil des mots
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Mardi 18 mars 2008


Le conte de la Jeune Fille aux Mains Coupées...


C'est l'occasion ou jamais de vous inviter à découvrir le livre de Clara Pinkola Estès, Femmes qui courent avec les loups, où elle décrypte d'une façon quasi archéologique les contes qui nous racontent, et comment nous pouvons de nouveau nous relier à la "femme sauvage" en nous.


Marie Louise Von Franz, qui a longtemps travaillé avec Jung, a elle aussi proposé de remarquables interprétations. Ce conte est décrypté dans son livre intitulé : La femme dans les Contes de Fées.

undefinedA6 - le conte... est bon ?  -  15 mars  2008 -  anaka ©


Il était une fois une jeune fille dont les parents étaient très pauvres.

Son père le meunier pactise un jour avec le diable, qui lui promet de lui offrir la richesse en échange ce qui se trouve derrière sa maison. Sa fille est désignée pour appartenir au Diable.

La première fois qu'il vient pour l'emmener, elle a pris un bain et sa pureté empêche le diable de l'approcher. La seconde fois, elle a tant pleuré que ses mains trop pures empêchent encore le démon de la prendre. Il ordonne alors au père de lui couper les mains. Le père s'exécute. Quand le diable revient pour la troisième fois, la jeune fille a tant pleuré sur ses moignons qu'il ne peut s'en emparer. Il part alors et renonce à sa proie.

Le père supllie la jeune fille de rester avec eux, promettant en échange du sacrifice de ses mains, de s'en occuper et de la couvrir de richesses. Mais la jeune fille refuse et décide de partir vers l'inconnu. Elle erre ainsi durant trois ans, pauvre et affamée. Jusqu'au jour où elle vole une poire dans le jardin royal. Le roi qui l'aperçoit en tombe amoureux fou et l'épouse. Il lui fait faire des mains d'argent, et elle tombe enceinte.

Mais le devoir de la guerre appelle le monarque, qui s'en va aux combats.


Quand l'enfant nait, la reine envoie une missive au roi pour l'avertir de la naissance de son fils. Mais le Diable intercepte la missive et écrit que la femme a enfanté d'un monstre mi-homme mi-chien. Le roi pleure mais cependant écrit en retour qu'il l'aimera ainsi. Le diable de nouveau fait son oeuvre et transforme la lettre en l'ordre de tuer la femme et l'enfant. La mère du roi qui reçoit la lettre ne peut s'exécuter. Elle tue alors une biche pour faire croire qu'elle a obéit à l'ordre cruel, et aide la jeune femme à fuir  avec son petit.

Pendant sept années la femme vit recluse dans la forêt, élevant son enfant qu'elle surnomme "riche-en-douleurs". Peu à peu ses mains repoussent, car elle répare et se répare, oeuvrant chaque jour à la construction de sa vie intérieure et se dévouant aux autres.

Pendant ce temps le roi revient de la guerre. Il comprend le subterfuge du Diable. Fou de fouleur il part à la recherche de son épousée, jurant de ne rien boire et de ne rien manger tant qu'il ne les aura pas retrouvés. Une force plus grande l'aide à vivre.

Puis enfin il parvient à l'auberge où vit la jeune femme...
Et "ils furent heureux" avec leur enfant et tous les autres qui suivirent..."


Pour ceux qui ont envie d'en savoir un peu plus, sur ce conte en particullier, le travail d'un site personnel qui décrit toutes les étapes de l'histoire et sa symbolique.


 

par anaka publié dans : rêves. communauté : Au fil des mots
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Lundi 17 mars 2008

Danse ma main,

dessine, devine-moi

danse pour moi



undefinedA6 - mains-gens -  15 mars  2008 -  anaka ©



Dans d'autres cultures, les mains sont assimiliées à deux petits êtres humains. Les doigts aux bras et aux jambes, le poignet à la tête. Ces créatures peuvent danser et chanter.
Dans le flamenco, les paumes des mains parlent. Les sons qu'elles produisent sont des mots: " Venga !  Ah, beauté, danse pour moi, plus vite, danse !  Sens la musique, danse..."

Les mains ne sont pas que des récepteurs, elles sont ausi des transmetteurs. Elles savent  toucher, voir, guérir.

Une femme qui a les mains coupées n'a plus accès à l'autoréconfort, à l'autoguérison immédiate. Elle ne peut plus rien faire, sauf suivre le chemin  ancien, la route séculaire.

Il est bon alors de continuer à pleurer. Pleurer ne résoud pas le problème, mais permet au processus de se poursuivre, en évitant l'effondrement. Certes le corps psychique a perdu ses mains, mais il nous reste des pieds qui connaissent le chemin, une âme-esprit pour voir loin, des seins et un ventre pour ressentir...


passages extraits de Femmes qui courent avec les Loups,
Clarissa Pinkola Estes, Histoire de La Selva Subterranea

Les danses rituelles de l'asie du sud ont été appelées "danses des mains". Non seulement les mouvements dans l'espace, mais aussi la position des mains par rapport au corps et des doigts les uns avec les autres sont hautement significatifs.

Quelle serait la danse de mes mains ? 

Un tango lascif dans les moments de peine, mains tordues empoignées priant le ciel en inflexions tragiques...
Un flamenco autoritaire, en retour des moments de faiblesse. Redresse-toi, et pars au combat, n'abandonne jamais, droite et fière claque fort au rythme de chacun de tes pas, même si la douleur t'empêche d'avancer, le battement de tes paumes et le cri de leur écho te poussera hors de tes limites... !

Parfois au repos, les deux mains en prière, la main droite enlace tendrement les doigts de la main gauche, en une berçeuse continue, un instant de douceur qui te rappelle que l'une et l'autre appartiennent au même corps... Elle caresse les veines et s'arrête un instant au poignet, entourant la peau fine comme on tiendrait le cou de l'aimé.
C'est souvent la main droite qui vient chercher l'autre, la gauche demeurant soumise aux pressions affectueuses de sa voisine..

Mains reliées doigts croisés, un sorte de jerk débridé où tour à tour l'une et l'autre se tordent à en rire, agitées et joyeuses. C'est le temps de l'éclat et des jeux débridés. Tous ces doigts agiles, ces articulations démultipliées, je croirais avoir dix doigts à chaque main !

La danse de mes mains.


par anaka publié dans : rêves. communauté : Au fil des mots
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Samedi 15 mars 2008
J'ai décidé de créer une nouvelle catégorie associée à mes rêves.
Ce rêve-là est si prenant, qu'il investit tous les domaines de ma vie actuellle.

J'ai d'abord associé cette demarche à mes anakaléatoires, mais devant l'ampleur que prend son interprétation, j'ai décidé de créer une rubrique à part.
De plus je ne tiens pas à associer ces chiffres aléatoires offerts, à une réflexion aussi personnelle...
Le premier texte publié hier inaugure donc la rubrique "rêves".
Si vous avez des interpétations personnelles, elles sont les bienvenuse, les pychés extérieures ont parfois une vision globale pleine de sagacité...




Ma main,

ma main gauche loin de moi.

Ma main, reviens-moi...


undefinedA6 - main rose -  15 mars  2008 -  anaka ©

 
C'est un rêve. Un rêve cauchemar que j'ai fait il y a quelques jours.
J'ai cru perdre ma main gauche. Je voulais la recoudre... On me dit que c'est impossible, car elle est nécrosée. Je dois abandonner ma main. Accepter l'idée de mettre une prothèse. Penser que je vais pouvoir continuer à créer avec ma main d'oiseau, car cette prothèse ressemble à une serre d'oiseau...


Depuis quelques jours le sens de ce rêve ne cesse de me poursuivre...
J'ai beaucoup dessiné aujourd'hui ce rêve, des mains, des doigts, des bras sans mains...

Dans le livre de Clara Pinkola Estes, Femmes qui Courent avec les Loups, un chapitre reprend le thème du conte de Grimm, La Femme sans Mains. Ici, quelques extraits, qui invitent à l'entendement...

"...Si cela nous évite de nous accrocher à ce qui va nous empêcher de nous développer, séparons-nous de nos mains pour un temps...
...L'arbre en fleur doit subir une telle amputation. Une seule chose peut nous aider à supporter cette idée, c'est la promesse que quelqu'un, quelque part au fond de la psyché, nous attend pour nous aider et pour nous guérir. Et c'est vrai. Quelqu'un d'extraordinaire attend de nous remettre en état, de transformer ce qui a été abimé et de redonner vie aux membres blessés...


Ce rêve hâte la "dissolutio", la difficile perte des valeurs les plus chères.

Ici ma main gauche, d'artiste, et de femme d'un seul homme.

"...Refuser de se retirer, blessée, amputée des mains dans les recoins de la psyché où jusqu'à la fin de de ses jours où on s'occupera d'elle, et accepter de partir  à l'aventure est un très bon choix. A ce stade, les femmes commencent souvent à se sentir à la fois désespérées et fermement décidées à continuer ce voyage intérieur. Ce qu'elles font, quittant une vie pour une autre... Abandonner derrière soi les valeurs qui n'ont plus cours, devenir soi-même, s'enfoncer dans la nature sauvage..."

A suivre...
par anaka publié dans : rêves. communauté : Au fil des mots
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